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SAISON RÉGULIÈ 02.03


L’État des lieux
Comédie dramatique de Michel Tremblay
Mise en scène de André Brassard

Le Tremblay nouveau est arrivé !
Montréal ou mondial ?
Sous la plume vive et incisive de l’auteur, on retrouve ce regard moqueur et caustique sur la question suivante : un artiste qui ne vise pas une carrière dans les grandes capitales fait-il automatiquement un silencieux aveu de médiocrité ? À l’heure de la mondialisation, alors que l’on s’interroge sur la place des petites nations dans le monde d’aujourd’hui, Michel Tremblay vient lancer, avec cette comédie mordante, un gros pavé dans la mare. Gare aux éclaboussures !

Castafiore et compagnie
À l’Opéra Bastille bourré à craquer, pendant la grandiose et décadente scène finale de Salomé de Richard Strauss, la cantatrice montréalaise Patricia Pasquetti, de son vrai nom Patricia Paquette (Marthe Turgeon), échappe un couac tonitruant, signe avant-coureur de la fin d’une voix. À travers le regard de son pianiste accompagnateur Richard (Roger La Rue), témoin pathétique du déclin de son idole, on assiste au parcours de la diva. Rentrée à Montréal, elle retrouve sa fille Michèle (Kathleen Fortin)—une comédienne qui privilégie l’art discret de la création québécoise—avec laquelle elle engage un costaud duel verbal. Quand surgit la mère de Patricia, Estelle (Béatrice Picard), également comédienne, l’affrontement reprend, mais cette fois-ci, avec une adversaire drôlement coriace ! Estelle sait aussi ce qu’est le déclin d’une artiste, mais surtout, elle sait ce qu’est l’immense pouvoir de la liberté artistique. Relations mère-fille, conflits de génération, rapport artiste/pianiste, responsabilités sociales et personnelles de l’artiste, c’est autour de tels thèmes que s’articulent des dialogues percutants menés avec une verdeur de langage et un humour cinglant !

 

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Entretien avec Michel Tremblay
À l’aube de la soixantaine, Michel Tremblay n’a rien perdu de sa verdeur. Dans ses propos, dans les dialogues qu’il écrit avec ce vigoureux humour qui est le sien, dans les cinglantes reparties qui fusent de ses personnages. De sa plume vive et incisive, il a tiré une partition en trois mouvements pour quatre personnages qui utilisent le langage à la manière d’une arme dont le tranchant ne s’est guère émoussé, ni avec les années, ni avec l’expérience : une langue acérée, grinçante, mordante, avec des éclats de tendresse aussi, que l’on reçoit comme autant de moments de grâce échappés… Ce texte, l’auteur l’a dessiné en une multitude de points d’interrogation jetés à coups de points… d’exclamation !

Tremblay et l’opéra
Ce n’est un secret pour personne, Michel Tremblay est passionné d’opéra. En faisant d’une cantatrice le personnage central de L’État des lieux, il en parle abondamment… et pas toujours en bien ! « Je suis fou de l’opéra. C’est pourquoi je suis si vindicatif. J’aime ça au point de détester profondément ce que je considère comme de mauvaises productions; en toute subjectivité, cela étant dit. » Il défend âprement les arguments qu’il prête au personnage d’Estelle : « Il faudrait que chaque production dans le monde soit répétée 500 heures, ce qui est évidemment impossible… trop gros, trop de gens, trop d’argent. Ce que je ne comprends pas, c’est la raison pour laquelle un public pardonnera à une production d’opéra ce qu’il ne pardonne pas à une production théâtrale. Pour moi, c’est le résultat d’une paresse intellectuelle que je n’accepte pas.

 

Tremblay
 
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André Brassard : l'enfance de l'art
Le metteur en scène André Brassard est un artisan qui a les mains dans la glaise des mots des autres et cherche à en extraire l'essentiel, les images, l'émotion. Trente-quatre ans après les Belles-Sœurs, il attaque la mise en scène de l'État des lieux, la nouvelle pièce de Michel Tremblay, avec la même curiosité, la même humilité, la même passion. C'est la vingt-deuxième création du tandem le plus célèbre du théâtre québécois et pourtant, à écouter Brassard, à le voir évoluer en salle de répétition avec ses actrices, son acteur, toute la jeunesse du mot création vous saute aux yeux, au cœur. Nous sommes le 8 mars, encore au début du travail, un mois et demi avant la première, et il n'est pas aisé de répondre aux questions, alors même qu'on les découvre.

« Tremblay a cette qualité de n'avoir jamais écrit deux fois la même pièce. Le danger serait de penser qu'on sait comment la monter. Mais on n'a pas longtemps la chance de penser ça : l'État des lieux n'est pas une pièce qui a déjà été faite. On connaît les qualités de dialoguiste de Michel, ça, ç'a toujours été une de ses forces. Le titre indique qu'il y a un désir de faire un portrait du monde qu'il voit. Et ce serait trop simple de penser que ça se lit à un seul niveau. Notre travail est d'arriver à faire les liens. »

Il s'amuse de voir des analogies entre Patricia Pasquetti, la cantatrice, et Hosanna, « qui a aussi connu un grand rêve et une chute mémorable et publique », et à dénicher des rapports implicites, du non-dit, entre les mères et les filles, Patricia et Michèle, Estelle et Patricia : « Encore une fois, les personnes qui vivent, ce sont les femmes et le gars qui est là, il raconte ce qu'il peut. » Les trois actrices de la pièce, de trois générations souffrent d’un « manque » de mère en fille et ont choisi la démesure, dans le drame ou la dérision, pour panser leur blessure. Cette façon de provoquer les éclats de rire au cœur du drame, voilà une autre des forces de l'auteur.
« L'artiste n'a pas le choix de travailler son ego. Un fermier travaille sur son lopin de terre. L'artiste travaille sur son ego. »

 

Brassard
 
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Marthe Turgeon : le beau risque
C’est un privilège d’être dirigée par Brassard dans une création de Michel Tremblay et de la jouer au TNM. Mon plus cher désir est d’honorer cette faveur. « Ça fait partie des grands rôles que j'ai eus à jouer, ce rôle qui m'est tombé dessus, que je n'ai pas cherché et qui m'excite énormément, me passionne, m'oblige à me dépasser. Qui me fait peur aussi par bouts. J'aime ce qui m'oblige à me dépasser. » Puisqu'il s'agit d'une création, l'État des lieux présente un degré de difficulté de plus: « C'est un premier sillon que nous creusons, d'autres pourront monter la pièce dans une optique différente. Dans les classiques, on a une définition un peu plus rapide de nos personnages, tandis que là, on va travailler jusqu'à la dernière minute. Pour moi, c'est un beau risque. »

 

Turgeon
 
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Béatrice Picard
Béatrice Picard occupe une place prépondérante dans le paysage culturel québécois. Depuis plus de cinquante ans, cette énergique comédienne enchaîne rôle sur rôle, à la scène comme à la télévision. Vive et pétillante dans les comédies, grave et touchante dans les personnages dramatiques, son registre est immense ! Au théâtre, on la voit régulièrement à la Compagnie Jean-Duceppe où elle a marqué l’histoire de la compagnie par de magistrales interprétations. Rappelons-en quelques unes : Fleur d’aciers de Robert Harling (repris au printemps 2003), La Grande Magia de Eduardo de Filippo (1998), C’était avant la guerre à l’anse à Gilles de Marie Laberge (1997-98), L’Expulsion de Lily Barton de John MacNicholas (1996-97). Avec le duo Tremblay-Brassard, elle fut de Bonjour, là, bonjour (1997) et, sous la direction de Denise Filiatrault, des Belles-Sœurs (1993).

 

Picard
 
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Kathleen Fortin
Depuis ses débuts professionnels en 1977, Kathleen Fortin a tracé une marque lumineuse sur toutes les scènes qu’elle a foulées. Sa participation à la revue musicale Avec le temps (Théâtre du Rideau-Vert, 1999-2000) l’a propulsée au rang de révélation, tant dans le cœur des amateurs de théâtre qu’auprès des médias. Au TNM, L’État des lieux représente une quatrième expérience pour cette étonnante comédienne, puisqu’elle faisait partie du trio remarquable des trois sorcières dans Macbeth de Shakespeare mis en scène par Fernand Rainville (2000), de Ce soir on improvise de Pirandello et du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, respectivement dirigés par Claude Poissant et Yves Desagnés. Sous la direction d’André Brassard, elle a joué dans Autodafé d’Olivier Choinière (1999); elle a également travaillé avec plusieurs autres metteurs en scène émérites, tels Denise Guilbaut (Le Génie du crime, Théâtre de Quat’Sous, 1999), Serge Denoncourt (La Grande Magia Compagnie Jean-Duceppe, 1998) et René Richard Cyr (Le chant du dire-dire, Espace GO, 1998).

 

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Roger La Rue
En 20 ans de carrière, Roger La Rue a multiplié les expériences professionnelles, aussi bien au théâtre qu’au petit et grand écran. Son sens du rythme allié à une grande sensibilité en font un comédien au registre fort étendu. De ses récentes collaborations à la scène, mentionnons L’Homme de la Mancha dirigé par René Richard Cyr (été 2002), Les Fourberies de Scapin sous la direction de Jean-Louis Benoît (Théâtre du Rideau Vert, 2000), Rien à voir avec les rossignols dirigé par Serge Denoncourt (Compagnie Jean-Duceppe, 2000) et Les Jumeaux vénitiens mise en scène de Denise Filiatrault (2000). Sous la direction de André Brassard, il a joué dans Encore une fois, si vous le permettez, de Michel Tremblay (1999) en tournée québécoise et au Centre national des Arts d’Ottawa. À la télévision, on l’a vu dans plusieurs téléromans et séries, dont Fred-dy, Asbestos et Deux Frères. Au cinéma, il s’est joint aux distributions de C’ta ton tour Laura Cadieux (Denise Filiatrault) et Le vent du Wyoming (Marc-André Fortier), pour ne citer que celles-ci.

 

La Rue
 
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Laurent Duceppe-Deschênes
Ce tout jeune comédien en est à ses premières armes sur la scène culturelle montréalaise. Fortement influencé par les arts visuels (formation en arts plastiques) et en chant, cet ex-Petit chanteur du Mont-Royal a pu faire l’expérience d’importantes tournées internationales qui l’ont mené un peu partout, de l’Angleterre en Louisiane. Sur la scène théâtrale professionnelle, il vient de terminer une série de représentation de Une journée particulière présenté à la Compagnie Jean-Duceppe sous la direction de Serge Denoncourt.

 

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Philippe Provencher
Ce jeune comédien, bachelier en art dramatique, programme interprétation de l’UQM, a multiplié les expériences professionnelles tant à la scène qu’au petit et grand écran. Au théâtre, il a travaillé avec plusieurs metteurs en scène émérites, dont Fernand Rainville (Macbett de Ionesco), Guy Beausoleil (Bonne nuit les vivants !), et Philippe Soldevilla (Pièce en pièces) pour n’en citer que quelques uns. À la télévision, il compte de nombreuses collaborations à son actif, notamment Coroner, Lance et Compte II, Bouscotte, Un gars, une fille, Omerta III et Le Volcan tranquille. Côté cinéma, on a pu le voir dans Illusion de Stéphane Parent, Le dernier Souffle de Richard Ciupka, Quand je serai parti… de Michel Brault et Le Confessionnal de Robert Lepage.

 

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SPECTACLES
PRÉCÉDENTS :

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Du Pépin à la fissure

Contes urbains,
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