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COEUR DE CHIEN
de ANNE NENAROKOFF
MISE EN SCENE JEAN-STÉPHANE ROY
RÉSUMÉ DE LA
PIÈCE
Moscou, dans les années 1920. Dans le marasme économique
et social de l’ère stalinienne, un célèbre
chirurgien, Philip Philippovitch Préobrajensky, bénéficie
d’une position privilégiée. Il a fait fortune
en opérant des greffes qui font rajeunir son importante clientèle
de dignitaires du régime. Un jour, il accomplit un vieux
rêve : greffer une hypophyse et des organes génitaux
humains à un chien.
Mal lui en prend. Une fois que s’est accomplie
la mutation imprévue du chien, Sharik, en être humain,
Philippovitch et son entourage, le docteur Bormenthal et son assistante
Zina Petrovna, se trouvent aux prises avec un étrange petit
individu qui apprend très vite à tourner la situation
à son avantage. Tout d’abord, le donneur était
un voyou alcoolique et sans scrupule dont la principale distinction
était de jouer de la Balalaïka dans les tavernes.
On retrouve ces traits de caractère chez Sharik
: il est porté sur la vodka, se montre totalement dénué
de scrupules et, en plus, il fraternise avec un arriviste, Schwonder.
Celui-ci a rapidement monté les échelons du système
pour devenir président du Comité de logement, une
organisation dont la fonction première est de déposséder
les bien-nantis au profit des révolutionnaires. Schwonder
voit d’un mauvais œil la situation privilégiée
du professeur et il est déterminé à réquisitionner
une partie, au moins, de ses luxueux quartiers. Cette menace est
un excellent levier pour Sharik qui, comme Schwonder, vise haut.
SYNOPSIS
Moscow, 1925, a mere seven years into
the new, Communist regime in Soviet Russia. Professor Philip Philipovitch
Preobrazhensky, a Moscow surgeon, has become famous for his transplants
of the pituitary gland and sexual organs of the young into society’s
aging dignitaries. These rejuvenations have proven miraculous. Now
he wants to push his experiments further: he has performed the operation
on a stray mutt, Sharik, in the hopes of transforming an ignorant,
starving creature into a good, responsible socialist citizen. With
the help of his acolyte, Dr. Bormenthal, and his faithful assistant,
Zina Petrovna, the Professor makes the most valiant attempts to
bring about the conversion of Sharik. But his task is made more
difficult by the constant interventions of the rising proletarian,
Schwonder, who takes control of local housing but who clearly has
much greater ambitions.
BOULGAKOV
Mikhaïl Boulgakov est né à Kiev en 1891, dans
une famille bourgeoise et éduquée. Son père
était professeur de théologie à l’université
de Kiev.
Formé comme médecin, le jeune Boulgakov s’est
trouvé mobilisé dès le début de la révolution
pour pratiquer dans des villages éloignés de Sibérie.
De cette époque, on lui doit un merveilleux récit
: Journal d’un jeune médecin,
où il relate son contact avec le peuple et ce qu’il
appelle « tma », la noirceur – noirceur des nuits
en Sibérie, noirceur de l’ignorance dans les campagnes
isolées.
Même s’il n’est pas encore très
connu au Canada, Boulgakov est un des géants de la littérature
russe. Il a consacré sa vie au théâtre, même
s’il n’y a pas occupé la place qu’il aurait
dû. Après le succès retentissant de sa première
pièce, Boulgakov s’est vite trouvé aux prises
avec la jalousie et la censure au point de faire appel à
Staline en personne, dont il a obtenu la protection. Staline lui
a assuré le poste de directeur du théâtre où
Stanislavsky régnait en maître, mais le geste de bonne
volonté du dictateur revenait à museler Boulgakov
en tant qu’auteur. Il devenait administrateur. D’ailleurs,
Boulgakov n’a jamais eu de crédit en tant qu’auteur
aux yeux de Stanislavsky. Il a pourtant continué d’écrire,
inlassablement, passionnément, et il nous a laissé
des chefs d’œuvre tels que Le
Maître et Marguerite, La Neige noire et Monsieur de Molière.
Cœur de Chien
est un succès posthume pour le grand auteur russe puisque
le roman a été censuré dès sa publication
en 1925, pour ne ressurgir qu’en 1987.
Boulgakov est mort en 1940, prématurément usé
par la lutte contre l’injustice.
MOT DE L’AUTEURE
Quand Guy Mignault m’a proposé, après Les
Nuits blanches, il y a maintenant environ deux ans, d’adapter
un autre auteur russe pour le Théâtre français,
mon sang n’a fait qu’un tour : Boulgakov !
Un auteur qui brasse l’imagination et les
idées reçues, un auteur qu’il faut absolument
découvrir.
C’est mon père qui nous avait offert
à John et à moi Le Maître
et Marguerite, il y a près de 30 ans. Quelle révélation
! Une histoire aux personnages fantastiques, un gros chat diabolique
sur toile de fond d’une société en chaos où
la réalité est illusoire, où corruption et
danger assombrissent le quotidien qu’on essaie de mener «
normalement », comme si de rien n’était. J’ai
eu un coup de cœur pour la truculence, l’ironie de cet
auteur au regard férocement candide. Je me suis plongée
dans la lecture de ses autres œuvres et j’ai eu un faible
pour son Cœur de Chien.
Dans Cœur de
Chien, tous y passent : les révolutionnaires aussi
bien que les contre-révolutionnaires et Boulgakov nous laisse
avec des points d’interrogation sur son époque, et,
par ricochet, sur la nôtre. L’histoire a des résonances
à maints niveaux de nos jours : abus de pouvoir de la part
des régimes politiques, corruption, manigances chez les parvenus...
et du côté de la science, tout ce qui a trait à
la manipulation artificielle de la nature humaine, chirurgie esthétique,
obsession du rajeunissement, greffes d’organes d’animaux,
sans oublier le clonage.
L’humour féroce de Boulgakov anime
les personnages du roman et il ne leur manquait qu’une scène
de théâtre pour prendre leur pleine dimension. Boulgakov
lui-même avait l’intention d’adapter Cœur
de chien pour la scène. Il aura été
déjoué par les censeurs mais j’espère
qu’aujourd’hui nous rendons justice à son génie
et honorons dignement sa mémoire.
Anne Nenarokoff
MOT DU METTEUR EN SCÈNE
Le roman Cœur de Chien,
bien qu’il fut écrit en 1925, nous prouve que Boulgakov
était un visionnaire. En tant que médecin et scientifique
il a su observer ce monde dans toute sa splendeur. En tant qu’homme
et dramaturge, il a, avec patience et amour, observé l’Homme
dans toute sa nature. Boulgakov, à l’instar de toute
la grande littérature russe, sait plonger dans les travers
de l’être humain. Nul n’est parfait, nul n’est
inférieur. L’humain existe, point ! Avec tous ses revers
et toutes ses envies, l’humain EST.
Boulgakov prend comme prétexte la science
pour mieux parler de l’être humain face à l’amour.
Il faisait, pour l’époque, de la science-fiction qui
est devenue, avec le temps, réalité si l’on
pense au clonage, à la découverte du génome
humain, à la chirurgie plastique et au viagra !
Me plonger dans l’œuvre de Boulgakov fut une grande aventure.
Un voyage initiatique au niveau humain et artistique. Tout au long
des répétitions j’ai eu l’impression de
vraiment faire de la création, chercher à ce que l’œuvre
existe. Nous n’avons encore aucune tradition théâtrale
de Boulgakov, en Amérique, au contraire d’un Tchékhov
ou d’un Shakespeare. J’ai plongé dans l’inconnu
en allant au meilleur de ma connaissance et de mon coeur afin de
vous faire découvrir un des grands auteurs du XXe
siècle encore malheureusement peu connu.
Ouvrez votre « Coeur d’enfant »
afin d’accueillir ce « Coeur de Chien
».
Merci à toute l’équipe d’avoir
tenté l’impossible!
Jean-Stéphane
Roy
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GALERIE:
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ANNE NENAROKOFF
AUTEURE
Née en France dans une famille russe, Anne Nenarokoff a vécu
la plupart de sa vie d’adulte à Toronto. Anne est l’auteure
de nombreux scénarios pour adultes et jeune public à
TVOntario/TfO et de pièces pour enfants en immersion pour
le Théâtre français de Toronto. Elle a signé
un livre qui décrit un voyage initiatique dans la communauté
tibétaine, Le Mudra du
Cœur, publié aux Éditions
Louise Courteau, à Montréal. Auteure trilingue, Anne
a renoué avec sa langue maternelle pour faire l’adaptation
pour la scène du roman de Dostoïevski, Les
Nuits Blanches, pour le TfT. L’an
dernier, on a pu voir à Artword Duos
un spectacle pluridisciplinaire sur des textes poétiques
de Anne, mis en scène par Guillaume Bernardi.
Anne travaille depuis plusieurs années à
un livre qui raconte son héritage et l’histoire des
femmes de sa famille, Ariadne’s
Thread. Son premier recueil de poésie,
Vies de Femme
suivi de Confidences,
publié aux Éditions du GREF (Collège Glendon),
a été lancé au Salon du Livre de Toronto 2001.
Anne enseigne le français à la Linden
School de Toronto.
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JOHN GILBERT
LE PROFESSEUR
John Gilbert est né à Singapour et a grandi à
l’Île Maurice. Depuis 1967, il est installé à
Toronto où il a mené de front sa carrière de
professeur et de comédien bilingue. Au TfT, on l’a
vu dans L’Invitation au Chateau,
Le Médecin volant, Les Précieuses
ridicules et L’École des Femmes. John a également
joué au Chicago Shakespeare Theatre et à New York.
Il a été membre de la compagnie du Festival de Stratford
(Richard II, Coriolanus, Much Ado About
Nothing) et de Shaw (John Bull’s
Other Island).
Très actif également dans le domaine du film, John
a fait partie de la distribution de Rabid
(David Cronenberg), The Adjuster
(Atom Egoyan) Eclipse (Jeremy
Podeswa), Montréal vu par...
(Denys Arcand), Le Roi de Paris
(Dominique Maillet). À la télévision, il a
tenu des rôles dans Lonesome
Dove, (CTV, CBS), Road to Avonlea
(CBC) et The Feast of All Saints.
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ERIC GOULEM
BORMENTHAL
Eric Goulem s’est installé à Toronto en 2001,
après avoir fait une tournée aux États-Unis
avec la production du Cirque du Soleil, Dralion.
Il a reçu sa formation à l’École
de Théâtre Professionnel de Dawson et auprès
de la compagnie One Yellow Rabbit de Calgary. Au théâtre,
il a fait partie de la distribution de Savage
Love ( Pigeons Int., Québec), The
Collected Works of Billy the Kid (GCTC, Ottawa), de Wild
Abandon (Glass Onion, Montréal) ainsi que de La
Tempête (UQAM, Montréal). Tout récemment
on a pu voir Eric dans The Danish Play
à Toronto.
Dans le domaine du film, Eric a interprété des
rôles dans Stardom de
Denys Arcand, Dog de Benedicte
Ronfard, No Ordinary Baby et
Marked Man.
Un point culminant de sa carrière : avoir
écrit et produit son propre solo, The
Lonely Cowboy pour le festival November to Remember, production
pour laquelle il a reçu les prix pour Meilleur Acteur et
Meilleure Nouvelle Pièce.
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PATRICIA MARCEAU
ZINA
Patricia Marceau est originaire de Montréal où elle
a reçu son éducation. Elle a étudié
le théâtre au Neighborhood Playhouse de New York et
elle est installée à Toronto depuis six ans. Tout
récemment, Patricia a fait partie de la distribution de Chekhov’s
Shorts du Theatre Smith-Gilmour à Toronto, Montréal,
Hong Kong, Halifax, Vancouver et Edmonton, La
Critique de L’École des Femmes et Le
Mariage Forcé de Molière au Théâtre
français de Toronto, Les Cascadeurs
de L’Amour de Patrice Desbiens pour le Théâtre
La Tangente au Ford Center for the Performing Arts, Toronto. Chekhov’s
Shorts a remporté le prix pour le Meilleur Ensemble
de la part de MECCA (Montreal English Critics’ Circle). On
a également pu voir Patricia au cinéma et à
la télévision dans Le
Canada: Une Histoire Populaire à Radio-Canada / CBC,
America’s Prince, The Red Green
Show, The Interview, et les courts métrages The
Big Bang pour le Canadian Film Center.
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LOUIS-DAVID MORASSE
SHARIK
C'est la première fois que Louis-David joue au Théâtre
français de Toronto. Originaire de St-Raymond de Portneuf
près de Québec, il est installé à Montréal
depuis 1996, année de sa sortie de l'École de Théâtre
du Collège Lionel-Groulx. Depuis, Louis-David a interprété
de nombreux rôles, tant à la scène qu'au cinéma
et au petit écran. Il a notamment tenu, pendant quatre ans,
le rôle de « Renaud » dans la très populaire
série de Radio-Canada, Quatre
et demi. Ses films les plus récents : Une
Jeune Fille à la Fenêtre (Palomar) et Histoire
de Pen (Baliverna Films).
Au théâtre, Louis-David a déjà
collaboré plusieurs fois avec Jean-Stéphane Roy :
dans L'Homme aux Trésors (Théâtre
du Tandem), Ça (La Petite
Licorne). Récemment, il a fait partie de la distribution
de Les Soifs du Désert (Théâtre
Prospéro), Les Trois Mousquetaires (Théâtre Denise-Pelletier)
et de Limbes (Infini Theatre).
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RUDY BRAUN
DÉCORS ET COSTUMES
Rudy a reçu sa formation à l’École Nationale
de Théâtre du Canada. Avant de s’installer à
Toronto en 1997, il a passé cinq années bien remplies
à concevoir des designs de théâtre à
Winnipeg. À Toronto, il travaille surtout dans le domaine
du film. Il y a deux ans, il a fait une exception pour concevoir
les décors des Nuits Blanches
au TfT. L’année dernière, Rudy a étendu
la définition de ses activités pour y ajouter celle
de père d’un adorable garçon, Aaron Jacob.
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KEITH THOMAS
MUSIQUE ORIGINALE
Avec Les Nuits Blanches, c’est
la deuxième collaboration de Keith et Jean-Stéphane
Roy. Il compose pour la télévision, le cinéma
et le théâtre dont le Festival de Stratford : Two
Noble Kinsmen, Macbeth, As You Like It et The
Miracle Worker; le Shakespeare Theatre à Washington
: Julius Cæsar (Prix Helen
Hayes); le Chicago Repertory Theater: A
Midsummer Night’s Dream; le Guthrie Theater à
Minneapolis : Much Ado About Nothing,
The Cherry Orchard, Julius Cæsar;
le Hampton Shakespeare Festival de Virginie : I
Hate Hamlet; le Gate Theatre à Dublin : A
Midsummer Night’s Dream. Les projets de Keith : The
Three Sisters au Guthrie, Quiet
In The Land et Troilus
and Cressida à Stratford
et, bientôt, une coproduction
avec Geneviève Langlois,... une petite fille !
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